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La colonisation française aux Amériques s'appuyait sur une doctrine coloniale selon laquelle le service de Dieu et la grandeur du royaume de France constituaient les deux objectifs principaux des entreprises coloniales. De ce cadre général, découlait l'idée que les sociétés coloniales devaient être fondées sur les principes de la religion catholique, qui représentaient aux yeux du pouvoir le plus sûr garant de la pérennisation de la domination coloniale. Ainsi l'Église s'était-elle vu attribuer une fonction de police idéologique qui consistait à porter chacun, maîtres ou esclaves, à accepter ses conditions comme le résultat d'un décret divin. L'histoire de Saint-Domingue, théâtre à la fin du XVIIIe siècle, de la plus grande révolution d'esclaves des temps modernes, montre que cette inextricable association entre politique et action missionnaire voulue par le pouvoir n'a pas toujours eu lieu. L'action missionnaire tendait plutôt à se libérer du carcan politique, en s'aménageant des marges d'autonomie qui lui permettent de s'exercer conformément aux traditions et aux intérêts temporels de l'Église. Ces velléités d'autonomie prirent, au cours de la révolution, la forme d'un pragmatisme politique qui présentait l'Église comme un acteur politique comme les autres, soucieux de défendre sa survie, en s'alliant au parti qui paraissait le plus capable de la lui garantir.Publié avec le soutien de la Fondation pour la mémoire de l'esclavage, de Quisqueya Media, de l'université Paris 8 (Laboratoire Ladyss) et de Tert Bat